Culture meets Politics #1 : ce que je pense du développement des Arts et de la culture au Bénin

20 mai 2020


Fresque NOUKPO by "Amazonz 2.0 / Festival Effet Graff 06 / © Komy Thomas 2020
Fresque NOUKPO by "Amazonz 2.0 / Festival Effet Graff 06 / © Komy Thomas 2020

Je suis tombé ce matin sur une publication d’un ami dans le groupe Facebook « Les 100 façons ». La question était simple « Quand tu seras ministre de la Culture de ce pays, que feras-tu pour le secteur ? ». Il s’agissait de répondre et de partager ladite publication dans l’espoir que les réponses puissent donner des idées à notre dirigeant.  

Et si de jeunes citoyens en viennent à lancer des appels à réflexions pareils, c’est qu’il y a un problème de performance dans le secteur. Que dire? Qu’espérer d’autre d’un secteur donc les dirigeants n’ont souvent o parfois aucune expérience liée à leur secteur ? Qu’espérer d’autre d’un secteur où la majorité des postes fournis est politique ? Qu’espérer d’autre d’un secteur où les décideurs ne semblent vraiment pas connaitre les véritables enjeux du développement culturel ? Qu’espérer dans un pays où des institutions existent, mais ne jouent pas leur rôle ? 

Le Président TALON à son investiture ( ou pendant la présentation du PAG je ne sais plus trop) que « Le Bénin est un pays de culture vaudou ». Pour tout dire, au-delà de cet étendard de pays vaudou qui nous colle à la peau, le Bénin est un pays historiquement très riche sur le plan culturel et artistique. Malheureusement, les différents gouvernements qui se sont succédé depuis les indépendances ont failli dans leur mission qui était principalement de réussir à structurer le secteur culturel et à le doter de ressource humaine qualifiée. Beaucoup de politiques ont été mis en œuvre au fil des années, engloutissant milliard sur milliard, mais les résultats n’ont jusque-là clairement pas porté le fruit des promesses. 

En février 2018, le ministre HOMEKY, alors en charge du Tourisme, de la Culture et des Sports présentait une «Stratégie de relance du secteur des Arts et de la Culture ». Une stratégie qui a présenté des points clés tels que : La détection, la promotion et la formation des talents à la base ; l’accompagnement des talents confirmés, la réorganisation de l’industrie culturelle (j’avais vraiment salué les actions promises dans ce point. Entre autres, la loi sur le mécénat, le fonds social des artistes… etc.) et la construction d’infrastructures culturelles à échelle communale.

Aujourd’hui, deux ans après et à un an des élections présidentielles, cette stratégie, ressemble plus comme une promesse politique qu’autre chose. C’était un beau plan à l’époque… En tout cas moi j’y ai cru. Malheureusement les vieux démons de l’administration publique au Bénin ont retrouvé des forces et il n’y plus eu de suite. Aujourd’hui, ils n’en parlent même plus. Plus personne ne pose de questions et donc personne n'a donné de réponse. 

De mon point de vue, le principal défi actuel du secteur culturel au Bénin se jouera dans les communes, dans chaque commune. Cela consistera de façon générale à canaliser les forces créatives et les potentiels partenaires issus du privé pour mettre en œuvre une vision commune, inclusive et durable. 

Chaque commune devra donc faire une étude approfondie, dégager ses forces et ses faiblesses en tenant compte des réalités locales (Materi n’a pas les mêmes défis que Cotonou ou Ouidah) dans le but de dégager des orientations et d’établir des objectifs stratégiques en matière de culture. La finalité de tout ceci sera :

Le rayonnement de la commune

De rendre accessible la culture sous toutes ses formes à l’ensemble des citoyens de la commune. 

D’assurer le leadership des communes avec des partenaires tout en soutenant le développement des arts, de la culture et du patrimoine. 

L’objectif sera prioritairement de favoriser et soutenir l’émergence d’initiatives et d’actions culturelles significatives dans chaque commune et si possible dans chaque discipline culturelle, contribuant à l’affirmation d’un milieu de vie où la culture est un moteur essentiel de la communauté. Mais pour que cela soit possible, il faudra mettre en place une dynamique d’interactions entre, d’une part, les citoyens et potentiels partenaires, et d’autre part, les vrais acteurs du secteur culturel et le patrimoine. 

Cette dynamique axée sur l’échange permettra de créer et de maintenir les structures et les moyens nécessaires pour œuvrer vers une pratique culturelle durable, inclusive, en proximité et active. Mais pour que tout ceci soit une réussite, il faudra accompagner ce plan de valeurs cardinales telles que la créativité, l’inclusion, l’équité, l’ouverture, le dynamisme et le réflexe partenarial. Loin de la corruption qui a toujours gangrené le secteur.

Ce sujet est actuellement d’une grande importance, dans un contexte où les élections communales viennent porter de nouvelles visions aux communes. Il sera capital pour ces nouvelles autorités de mettre en place d’une vraie politique culturelle pour le rayonnement de leur mandat. Car l’utilité d’un plan pareil est de contribuer à la réconciliation avec les populations par le soutien, la mise en valeur et le rayonnement des cultures et attractions locales ; les artistes contemporains et les artisans. 

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